L'air que l'on fabrique soi-même

On imagine la pollution de l'air comme une affaire du dehors — trafic, industrie, villes. À l'intérieur, une part vient pourtant de nos propres gestes. Et souvent des plus agréables.

Une poêle qui chauffe, une bougie que l'on allume, un feu que l'on attise : chacun libère de fines particules dans l'air de la pièce. Le phénomène est connu, mesuré, et il n'a rien d'inquiétant en soi. Les particules fines comptent simplement parmi les polluants de l'air les mieux suivis pour leurs effets sur les voies respiratoires. Une bonne raison de comprendre d'où elles viennent.

Trois foyers, toujours les mêmes.

La cuisson. C'est la source intérieure de particules fines la mieux documentée. Saisir, frire, griller à haute température en dégage en quantité ; une plaque à gaz y ajoute ses propres produits de combustion. Plus la chaleur est vive et la pièce fermée, plus elles s'accumulent.

Les flammes décoratives. Une bougie, un bâton d'encens : la lumière et le parfum ont un revers discret. La combustion d'une mèche ou d'une résine libère elle aussi de fines particules — l'encens, en particulier, figure parmi les sources intérieures les plus émettrices à volume égal.

Le chauffage à bois. Cheminées et poêles réchauffent l'hiver, mais un foyer ouvert ou ancien compte parmi les émetteurs domestiques les plus forts. Un appareil récent et fermé, bien entretenu, change considérablement la donne.

Ces trois foyers ont un point commun : la flamme. Là où quelque chose brûle, de fines particules naissent — et restent en suspension le temps de croiser une respiration.

Trois gestes, sans renoncer au plaisir.

Aspirer à la source. Pendant la cuisson, faire fonctionner la hotte — idéalement reliée vers l'extérieur — et entrouvrir une fenêtre. Extraire les particules au moment où elles se forment reste le geste le plus efficace.

Garder la flamme pour les bons moments.Profiter d'une bougie ou d'un encens comme d'un plaisir ponctuel, dans une pièce que l'on aère ensuite, plutôt que d'un fond permanent. La modération suffit là où la privation n'a pas lieu d'être.

Aérer après le feu. Après une cuisson, une soirée bougies ou une flambée, ouvrir en grand quelques minutes renouvelle l'essentiel de l'air sans refroidir les murs.

Cuisiner, allumer une bougie, faire une flambée : rien à abandonner.

 Comprendre d'où viennent ces particules, c'est surtout savoir quand ouvrir une fenêtre.
Suivant
Suivant

Trois chemins qu'on ne voit pas